Les bagnards du canal de Nantes à Brest

Les bagnards du canal de Nantes à Brest

Le 20/08/2022

Rendons hommage à Pierre Mathiote qui a exhumé une histoire inconnue d'une majorité de la population

Le projet remonte au dix-septième siècle, une construction monumentale qui avait pour objectif de désenclaver le Centre-Bretagne, la Sibérie de la Bretagne, difficilement carrossable, et de fluidifier les échanges économiques, notamment en période de blocus anglais lors des guerres napoléoniennes.
Ce n’est qu’au début du dix-neuvième que les travaux commencent, sous la houlette de l’ingénieur Guy Bouessel. Au final, près de 600 km de voies sont creusés, ponctués par 325 écluses.
Entre l'Aulne et le Blavet, entre 1822 et 1832, des centaines de bagnards perceront une tranchée longue de 3,2 kilomètres, large de 100 m, et profonde de 23 m, permettant la jonction des deux versants. Un défi pharaonique qui fit plus de cent morts et permit l'embellie économique de la Bretagne intérieure.

>>> un film coproduit par Cinergie Production

Vous êtes nombreux à parcourir les kilomètres du Canal de Nantes à Brest à vélo, qui d’ailleurs, commence sur les bords de l’Erdre, entre Sucé-sur-Erdre et Nort-sur-Erdre pour finir non pas à Brest mais pour confondre ses eaux avec celles de l’Atlantique au niveau de Landévennec ! Sa construction étant l’un des chantiers les plus importants de l’Histoire contemporaine de la Bretagne, nous avons décidé de vous en dire davantage sur ce canal, maintenant bicentenaire.

L’objectif de la construction

Long de 364 km cette immense voie d’eau traverse toute la Bretagne. Sa construction fut néanmoins ponctuée d’embûches. L’objectif, qui remonte au XVIème siècle dès l’union du duché de Bretagne au royaume de France, est de remédier à l’isolement de la Bretagne alors à l’écart des grands axes de communication. Il s’agit donc de désenclaver le centre de cette région et donc de fluidifier les échanges économiques pour faire face aux routes bretonnes difficilement praticables. Par la suite s’ajouter la nécessité d’assurer une circulation fluviale face aux tensions avec les Anglais lors des guerres napoléoniennes qui menacent de fermer les voies maritimes. La supériorité numérique de la flotte anglaise oblige donc un approvisionnement des arsenaux de Brest et de Lorient par une voie fluviale intérieure la reliant à la Loire par Nantes. Alors imaginés au XVIIème siècle, les travaux pour construire le Canal de Nantes à Brest débuteront seulement au début du XIXème siècle sous l’impulsion de Napoléon 1er. Ce dernier désenclave donc le cœur de la région en aménageant 8 rivières pour les rendre navigables en les reliant entre elles à l’aide de canaux. Pour raccorder la rivière de l’Oust au Blavet, Napoléon 1er fait construire une jonction d’une vingtaine de kilomètres de Rohan à Pontivy. La présence de colline oblige l’installation d’une cinquantaine d’écluses hors normes pour l’époque, soit une tous les 370 mètres. Pontivy est donc le point central du dispositif stratégique de l’Empereur : grande cité commerciale en temps de paix et une grande cargaison en temps de guerre. Jusqu’en 1815 Pontivy s’appellera d’ailleurs Napoléonville.

La construction

Les travaux sont considérables, le sol est vallonné, les travailleurs, à l’aide de pelles et de brouettes, réalisent alors des prouesses. Logés au camp de Gomel, une petite commune des Côtes d’Armor, ces 4 000 travailleurs appelés « les bagnards du Canal de Nantes à Brest », déserteurs de l’armée royale sous la Restauration, rendus célèbres avec le récit de Jean Kergrist créeront l’importante tranchée de Glomel pour façonner ce canal et permettront aux bassins versants de l’Aulne et du Blavet de communiquer par le Canal de Nantes à Brest. La mise en eau du canal se fait en 1842.

La navigation sur le canal sera majoritairement commerciale, utilisée pour le transport de marchandises dans les provinces environnantes. Peu de temps après seront mises en place des voies de chemin de fer qui ralentissent alors le nombre des activités fluviales du canal. Activité qui sera encore plus impactée lors de la construction d’un barrage hydraulique à Guerlédan en 1928 isolant alors les régions finistérienne et costarmoricaine du reste du réseau, interrompant donc la navigation jusqu’à Brest.





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